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Première Partie:

 

 
Introduction et présentation: 


Pour les historiens, l’histoire de JIJEL remonte à quelques 2000 ans (1). Le nom même de la cité n’est pas éclairci. Jijel tirerait son nom du mot berbère «Ighil-Ighil», de colline en colline ou en se référant à l’antiquité romaine, on a « IGILGILI » de « JILJIL », cercle de pierres sur lequel, la cité s’est construite pour échapper aux invasions venant du nord.

 En effet par ses immenses plages de sable fin, la richesse de son site, la douceur de son climat, JIJEL a attiré au cours des siècles, tous les peuples expansionnistes de la Méditerranée. Bloquée entre la chaîne des Babors et la mer, démunie presque totalement de voies de communication, à l'exception de quelques voies romaines traversant des zones peu sûres et reliant Constantine, Bejaia, et Collo, après plusieurs jours de marche, Jijel subira toutes les attaques, venant surtout de la mer.

Grâce à un système de défense bien conçu, la ville affrontait victorieusement tous les assauts. Dés que l'alerte était donnée par les guetteurs, la population civile allait s'enfermer dans une forteresse construite à l'arrière de la ville, à Béni Caïd,  Dar Slalâa, redoute ancienne située aux confins de Kaous disposant de pièces d’artillerie, détruite par les colons. La ville restait alors aux mains de ses défenseurs. En cas de rupture des lignes de défense et si l'envahisseur s'avisait de poursuivre la population, il tombait fatalement dans des gorges étroites situées entre des collines boisées, entourées de cours d'eau, d'où d'autres défenseurs pouvaient surgir. Plus tard la stratégie des armées colonialiste   allait reprendre à peu prés le même système de la défense de la ville. La vieille cité devient citadelle. Le vieux « fort des Français » aujourd'hui disparu a été construit par le corps expéditionnaire du Duc de Beaufort au XVII siècle. A l'est de la ville, sur un promontoire rocheux qui commandait l'entrée de la cité par la mer, le fort Duquesne fut édifié sur l'emplacement de Sidi Amer. A l'Ouest, la montagne qui domine la ville et sa région, Mesghitane, devint sémaphore, un fortin toujours tenu à l'époque française par une section de soldats.

A proximité des mausolées de Sidi El- Harbi et Sidi B'sir, les forts Saint- Ferdinand et Sainte Eugénie, furent également bâtis. Il ne reste à présent en matière de vestiges historiques, que quelques tombeaux étrusques, des pièces de monnaie en or frappées par les rois Hamadites de Bejaia, quelques vieux canons rouillés exposés un certain temps devant la citadelle, ''Aïn- Romane'' (fontaine romaine) à Aîouf , le « Djebel » quartier haut des anciens Raïs et prolongement du vieux JIJEL , Dar Chouafa (les Guetteurs) , Ghdir Kouiras (le petit corsaire).

Période phénicienne et romaine:

L'histoire de Jijel se situe donc déjà dans la pré-antiquité, puisque la civilisation étrusque (2) y a laissé des traces, comme partout, autour du bassin méditerranéen. Les tombeaux étrusques taillés dans la pierre sont encore visibles à la ''Pointe Noire ''(Rabta). En regardant la position de la vieille ville   (l'actuelle caserne), construite sur une presqu'île aux falaises rocheuses, défendue au nord par la mer que ferme un cercle d'écueils, au sud par une ceinture de collines, nous remarquons que la place antique, avait été choisie dans un but défensif pouvant servir de comptoir sûr aux transactions commerciales des premiers marins de la Méditerranée. Vers le Xè Siècle avant J.C, les Phéniciens, marins et marchands, en quête de bases pouvant offrir le maximum de sécurité à leur commerce, s'installèrent à Jijel où ils fondèrent un comptoir. Les Romains vinrent occuper la petite cité, phénico-berbère, qu'ils élevèrent au rang de Colonia Romana, administrée par un sénat, à l'instar des villes romaines importantes. (Après l’écrasement de Carthage en 146 avant J.C.)

L'importance de IGILGILI des Romains sur le plan économique, administratif et stratégique, dura plusieurs siècles. Le Général Théodose utilisait le port pour le débarquement de ses légions qu'il lançait contre les chefs numides hostiles à l'occupation étrangère, et menaçant continuellement la route du blé. Le blé provenait des hautes plaines sétifiennes et était dirigé sur Rome. Arrivant des pays germaniques, les Vandales traversèrent l'Espagne et déferlèrent sur l'Afrique du Nord. Ils détruisirent IGILGILI en 429. 
 
En 533 de l'ère chrétienne Les Byzantins venus de l'empire Romain du levant (Byzance), s'emparèrent de la place et les Vandales durent se réfugier dans les montagnes.

Période musulmane:

Vers 650, les premiers cavaliers de l'Islam firent leur apparition. La religion qu'ils venaient répandre était basée sur l'égalité des droits et des devoirs pour tous les hommes sans distinction. En échappant au carcan byzantin, les populations autochtones et les Vandales qui restaient, accueillirent avec enthousiasme la religion nouvelle. Le flux arabe dura jusqu'au XI° siècle. Mais ce qui avait été édifié sur la foi pure, devait être terni par les tractations matérialistes de certains monarques.

Jijel était alors sous l'autorité de Kairouan. L'histoire nous apprend qu'une révolte contre Kairouan, fut étouffée dans le sang en 695. Des contingents iraniens envoyés par le gouvernement de Kairouan et stationnés près d'El-Milia, eurent à réprimer une autre révolte en 776.

Une nouvelle dynastie les Aghlabides prit le pouvoir à Kairouan. Ce qui allait entraîner une nouvelle révolte de Jijel et sa région en 913.
Les Kotama, une importante tribu, rallia autour d'elle les tribus de la région et marcha sur Kairouan, donnant naissance à une nouvelle dynastie: la dynastie des Fatimides qui chassa les Aghlabides de Kairouan. Les Fatimides poussèrent leur conquête jusqu'en Egypte, occupèrent le Caire, laissant entre les mains des Gouverneurs Zirides de Kairouan, l'administration des territoires de l'ouest.
JIJEL et sa région, après avoir provoqué tous ces importants changements, retombaient sous l'autorité des Zirides de Kairouan de 973 à 1007.

Une autre dynastie parente des Zirides mais rivale, se partageait avec ces derniers le Maghreb central. Il s'agit des Hamadites.
En 1007, JIJEL passait sous leur souveraineté. En 1045, l 'émir Ziride de Kairouan, ayant rejeté définitivement l'autorité des Fatimides installés en Égypte, le calife du Caire dirigea sur Kairouan dissidente, les Béni-Hilal, farouches cavaliers du désert égyptien qui allaient envahir toute l'Afrique du nord.

Au sud algérien, la kalâa des Béni-Hammad tomba entre leurs mains en 1050.

El-Kaid, prince hammadite, fils aîné de Hammad Ben Bouloughine, remonta vers le nord. Il se serait installé à Jijel vers 1068. Un autre prince, En-Nassir s'installa à Béjaia qui devait prendre le nom de En-Nasseria et devenir la nouvelle capitale Hammadite.
Poussant également vers le nord, à partir de la Kalâa , les Béni-Hillal, investirent toute la Kabylie orientale. Le faible Émir de Béjaia, Yahia Ibn-El-Azziz, ne put endiguer ce flot de cavaliers pillards.

A Jijel, le palais hammadite, construit par le monarque de Béjaia pour son séjour durant ses parties de chasse, fut abandonné. Ses occupants se réfugièrent auprès des descendants d'El-Kaid dans l'arrière pays. Une période de chaos et d'anarchie s'en suivit. Les guerres entre tribus reprirent. Le commerce de Jijel périclita. Ce fut la fin de la dynastie hammadite.

En 1130, une nouvelle dynastie fondée par El-Moumen, les Almohades, s'établit à Bejaia. Les Almohades rétablirent l'ordre. Ils régnèrent sur toute l'Afrique du Nord et la moitié de l'Espagne jusqu'à 1273, après avoir chassé les Almoravides, maîtres du Maroc et de l'Espagne mais ne purent jamais reprendre la Sicile tombée entre les mains du puissant roi, Roger le Normand. Conquise par les Aghlabides en 827, la Sicile passait entre les mains des Fatimides en 917. Elle leur fut enlevée en 1090 par les Normands, après un siège qui dura de 1058 à 1090.

Incursion normande:

Roger le normand, s'intéressa aux côtes voisines, les côtes de l'Afrique du Nord où il voulait établir une base. JIJEL fut choisie et en 1143, la flotte normande incendia la ville. Les habitants de la ville se réfugièrent à Béni-Caïd et devant le vide laissé par ces derniers, les Normands préfèrent se retirer mais pas pour longtemps.

Les Djidjelliens méfiants bâtirent sur les hauteurs de Béni-Caîd, la fameuse forteresse qui devait désormais garantir leur sécurité.

Les Normands revenaient souvent à époque fixe. Leurs raids durèrent une dizaine d'années sans pouvoir réduire la place.
Une légende locale rapporte qu'un matin de l'Aïd El-Fitr, les voiles des bateaux normands apparurent à l'horizon. Une mère qui avait préparé la pâte pour les crêpes de la fête, dut assister au départ de ses sept garçons qui quittèrent la forteresse avec leurs compagnons d'armes pour arrêter l'ennemi en rase campagne. Revenue chez elle la mère au lieu des crêpes confectionna une petite galette pour elle seule,  et prit le deuil. Les Normands furent repoussés et le soir les sept guerriers, retrouvèrent sains et sauf, leur mère.

Depuis ce jour-là, plusieurs vieilles familles de JIJEL, issues sans doute des sept guerriers, font une petite galette, en même temps que les crêpes le jour de l'Aïd.

Revenons à l'histoire. Ne pouvant réduire par les armes, la place si convoitée, les Normands de Sicile, préférèrent établir des échanges commerciaux pacifiques avec les Djidjelliens. Ce qui ne tarda pas à attirer vers Jijel les grandes républiques maritimes italiennes de l'époque: Venise, Gêne et Pise.

De ce fait, sous le nom de « GIGERI «, Jijel entrait de plain-pied dans la vie maritime du monde méditerranéen.

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Suite 2e Partie

Salah Bousseloua

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  Source : Monographie de la Wilaya de Jijel, 
(Page N°9 à 20)
Années  70.
     
(1) Au minimum 2400 ans puisque des ustensiles retrouvés à la nécropole de la pointe noire, Rabta, sont datés du  Ve siècle avant J.-C..
(2) On pourrait se demander si l'élément étrusque est véritablement présent à Jijel. Tout ce que l'on sait est que les tombeaux à Rabta sont de facture phénicienne.
   
  Les remarques ainsi que les titres sont d'archeonat.org